L'économie française

Dans cette série de chroniques, je m'intéresserais à l'état de l'économie française.

Je prendrais en compte 4 indicateurs issus du carré magique de Kaldor : le PIB, le taux d'inflation, le taux de chômage et le solde du commerce extérieur.

Le commerce extérieur français : un bilan de long terme inquiétant

La conclusion du Ministère des Finances est sans appel pour le semestre 2012 : "Au premier semestre 2012, le ralentissement de l’activité dans la zone euro pèse sur les

exportations, dont la croissance revient à +1,4 % (après +4,3 %). Cet essoufflement s’explique principalement par le recul des ventes de produits agricoles, après un niveau

record en 2011. Celles de produits énergétiques, de produits métallurgiques et métalliques, et de l’industrie automobile se replient également. En revanche, les exportations pharmaceutiques rebondissent, tandis que les livraisons aéronautiques et spatiales restent très bien orientées. Ces deux mêmes produits participent à la hausse des importations, qui reste toutefois contenue du fait de la moindre progression des approvisionnements énergétiques et de la baisse des achats de véhicules automobiles.

Au final, la facture énergétique s’alourdit et le déficit commercial se creuse de 1,7 milliard, pour atteindre -34,9 milliards (après -33,2 milliards)".


Les produits :

Les chiffres sont désormais officiels, au premier semestre 2012, la croissance des exportations a ralenti de 2,9 points par rapport au semestre précédent. Cette évolution s'explique en particulier par le recul de la vente de produits agricoles (-12,4 % contre + 1,6 %). En 2011, les ventes agricoles avaient étaient historiquement élevées du fait de la hausse de la demande des céréales. Ce ralentissement s'explique aussi par le repli des exportations de produits énergétiques, métallurgiques, métalliques et automobiles. Les exportations d'hydrocarbures naturels et de produits pétroliers raffinés ont connu une forte diminution. L'industrie automobile s'oriente aussi vers la baisse (conséquence d'un faible pouvoir d'achat dans les pays de l'UE).

En revanche, l'aéronautique, les produits pharmaceutiques et les composants de cartes électroniques sauvent la donne. Les secteurs à forts contenus innovants et les produits de luxe ou de terroir connaissent de bonnes performances. L'aéronautique est un secteur dynamique de notre économie (hausse de 0,6 points par rapport au semestre précédent). Les ventes d'A380 en Allemagne, aux Etats-Unis et de satellites en Russie et en Chine ont permis d'accroitre les exportations. L'industrie pharmaceutique reprend vigoureusement (+ 9,3 points). La vente de médicaments en Belgique, Suisse, Allemagne et aux Etats-Unis permet de réduire le déficit de la balance commerciale. Les ventes de composants éléctroniques sont dopées par de fortes commandes venant d'Allemagne et de Hong-Kong. La croissance des importations reste modérée (+1,9%, après +1,6%), en raison de la réduction des achats d’hydrocarbures naturels. La pharmacie, la chimie, les métaux ainsi que les produits informatiques permettent une reprise des achats (+1,7 %, après +0,8 %).


Les pays :

Au premier semestre 2012, les exportations s’orientent à la baisse vers l’UE (-0,5 %, après +2,9 %) en particulier vers les pays d'Europe du Sud (problème des dettes souveraines). Vers l'Espagne et l'Italie, la baisse concerne les produits agricoles et automobiles (problèmes du pouvoir d'achat). Le solde vis-à-vis de l’Espagne, devient déficitaire (-672 millions, après +193 millions au précédent semestre). Les exportations en Allemagne enregistrent un net ralentissement (+0,8 %, après +3,4 %). En revanche, les exportations vers la Belgique et le Royaume-Uni enregistrent de vigoureuses augmentations (ventes de véhicules + pharmacie et chimie). Les ventes progressent encore rapidement vers les pays tiers (+4,8 %, après +6,3 %), principalement vers la Chine Russie et les Etats-Unis (livraisons aéronautiques et spatiales).

En revanche, les exportations se replient vers le Proche et Moyen-Orient. Les importations ralentissent depuis l’UE (+1,2 %, après +2,2 %), en particulier depuis l’Allemagne. Les achats redémarrent depuis les pays tiers (+4,4 %, après -0,6 %). La croissance de ces achats est vigoureuse depuis l’Asie, du fait d’un grand contrat naval. S’agissant des pays fournisseurs de pétrole, les achats accélèrent depuis l’Afrique et la Libye.